6 décembre
Sous une apparente simplicité, Alan Bennett compose le portrait bouleversant d’une femme ordinaire, isolée, vieillissante, que la société regarde à peine. Assise dans son salon encombré, coincée entre ses habitudes et ses souvenirs, elle raconte sa vie avec une ironie mordante et une lucidité désarmante. Le spectateur rit souvent — mais d’un rire qui serre la gorge.
Avec Un bi-choco sous le sofa, extrait de son célèbre cycle de monologues Moulins à paroles, Alan Bennett confirme son talent unique pour faire surgir le tragique au cœur du quotidien le plus banal. Chez Bennett, tout passe par la parole : une parole intime, sinueuse, pleine de détails domestiques et de silences.
L’auteur excelle dans l’art du décalage : derrière les anecdotes triviales surgissent la solitude, le déclassement social et le besoin désespéré d’être aimé. Son regard sur la classe moyenne anglaise, tendre mais impitoyable, rappelle parfois celui d’Anton Tchekhov ou d’Alan Ayckbourn : les personnages semblent modestes, presque invisibles, et pourtant leurs confessions révèlent une profondeur humaine universelle.
Texte : Alan Benett | Mise en voix et en espace : Dominique Freydefont | Avec : Caty Jouglet
Compagnie D.F.